Pourquoi les jeunes ne veulent pas devenir expert-comptable ?

Pourquoi les jeunes ne veulent pas devenir expert-comptable ?

L'âge moyen des experts-comptables en France est de 40 ans. C'est légèrement au-dessus de la moyenne nationale de la population active. Le milieu de l'expertise-comptable souffre cruellement d'un renouvellement des générations.

Malgré le besoin en main-d'œuvre qui se fait sentir fortement dans le secteur, on constate que les jeunes ne choisissent plus une formation d'expert-comptable. Voici les raisons de ce phénomène et quelques solutions.

Le cursus de formation : un frein

Le métier d'expert-comptable exige l'obtention de trois diplômes successifs :

Le Diplôme de Comptabilité et de gestion : encore connu sous le nom de DCG qui est délivré après 3 ans d'études. Il s'agit du premier cycle. Il est obtenu 3 ans après le bac.

Le Diplôme Supérieur de Comptabilité et de Gestion (DSCG) : c'est le diplôme qui sanctionne la fin du second cycle d'études. Il est obtenu deux ans après le DCG.

Le Diplôme d'Expertise Comptable, le DEC, qui est le dernier diplôme du cursus. Il s'obtient trois ans après le DSCG.

En tout et pour tout, il faut compter huit ans d'études pour obtenir le diplôme d'expert-comptable. C'est particulièrement problématique, car la plupart des étudiants s'arrêtent au DCG ou au DSCG. Le diplôme d'expert-comptable est considéré comme trop lourd par les jeunes.

Les clichés ont la vie très dure

Les clichés véhiculés par la profession n'aident pas aussi les jeunes à se tourner vers l'expertise-comptable. Voici quelques clichés que nous avons essayé de déconstruire.

Des études trop longues

Si effectivement, il faut attendre huit ans après après le début du cursus pour devenir expert-comptable, il est faux de penser que les huit années s'effectuent dans une salle de classe. En effet, après l'obtention du DSCG, l'étudiant doit effectuer un stage rémunéré de trois ans en entreprise, pour pouvoir se retrouver en condition réelle. Une attestation est délivrée à la fin du stage. C'est sur présentation de cette attestation que l'étudiant passe le diplôme de l'expertise-comptable. L'examen est divisé en trois étapes :

Une épreuve écrite,

Une seconde épreuve sous forme de question à choix multiples,

La soutenance d'une thèse en rapport avec le métier d'expert-comptable.

L'expertise comptable : un métier bureaucrate

D'abord, un expert-comptable n'utilise pratiquement plus de calculatrice de nos jours. Il existe des dizaines de logiciels de comptabilité qu'il est amené à utiliser pour lui faciliter la vie. De plus, un expert-comptable est amené à rencontrer diverses personnes pour ses activités.

Un métier qui demande de fortes connaissances en mathématiques

Il n'y a pas besoin forcément d'un bac scientifique pour être expert-comptable. Il existe des personnes titulaires d'un bac L qui ont passé avec succès l'examen du DEC. Certes, il faut avoir d'excellentes notions de mathématiques et aimer jouer avec les chiffres, mais l'expertise-comptable requiert aussi des qualités comme la capacité d'analyse des données.

Quelle solution pour remédier à ce problème ?

Pour attirer les jeunes dans le secteur de l'expertise-comptable, il est urgent d'innover dans le milieu. Par exemple, il doit être possible aujourd'hui à un expert-comptable d'utiliser les nouvelles technologies de l'information. Les sites internet et autres applications doivent pouvoir rendre le travail des experts-comptables beaucoup plus dynamique.

Le secteur peut s'inspirer de ce qui est déjà fait comme le site '' le guide des experts-comptables '' de Charles Passereau qui met en contact des clients et des experts-comptables. C'est un exemple d'utilisation du numérique au service de la comptabilité.

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